A la découverte du village de Saint Jeoire en Faucigny

Villages de Saint Jeoire

Cormand :
Cormand, village de Saint-Jeoire, situé au pied du Môle sur le versant nord a la particu¬larité de s'étaler sur 2 à 3 kilomètres comme pour suivre son voisin le Giffre qui coule en contrebas. La frontière avec Marignier se situe au creux du Nant, petit ruisseau qui part du sommet de Môle.


Les premières maisons du village remon¬tent aux années 1600 et Cormand, comme la plupart des hameaux de Saint Jeoire, possède une maison forte. Située en début de village, à environ un kilomètre, sur la droite, elle fut brû¬lée pendant la révolution puis reconstruite de nos jours avec un cachet d'authenticité inégalable.
Cormand a été durement marqué en 1972 par un violent incendie qui a détruit sept mai¬sons au cœur du village, près de l'école et c'est à cette époque que la route menant vers le Giffre a été construite.
Les vieilles familles originaires de Cormand sont entre autres les Béné, Foulaz, Carrier, Plantaz. Jean Carrier, artisan en menuiserie et charpente possédait après-guerre une belle entreprise et employait de nombreux salariés. On lui doit entre autres la construction des maisons neuves ainsi que pas mal de chantiers tels que la colonie des Salles servant à l'é¬poque de lieu de vacances à une base améri¬caine située à Châteauroux.
Cormand reste un berceau d'entrepre¬neurs et il faut noter qu'il y a actuellement plu¬sieurs artisans installés au village. Bastard Electricité, Boutron, carreleur, Béchet et Foulaz, exploitants forestiers, Marjollet, entreprise de Travaux Publics, Secco Serrurerie...
De La Géode, pour se rendre à Marignier, prenez donc de la hauteur pour découvrir Cormand ce village tout en longueur.

Pouilly :

La fabrique de Talon :
L'installation de l'activité date des années 1930-1931. Au départ, Francis Carrier s'est installé dans la maison familiale ou il a aménagé un petit local puis au bout de quelques années ce fut l'achat de machines spéciales.
A l'origine, l'atelier fabriquait des semelles rigides en bois, rainurées sur le bord pour la fixation de tiges en cuir. Les branches de noyer et les billes de plane constituaient la matière première.
La mise au point était techniquement difficile et l'aide de voisins ayant une formation mécanique a permis de diversifier la gamme avec des semelles à bouts ronds, pointus, carrés avec pied droit et pied gauche.
Les principaux clients étaient les cordonniers, les épiceries et ils venaient en vélo, visiter la fabrique au printemps et à l'automne. La vente était difficile et irrégulière et cela nécessitait un stock important.
En 1946, une orientation nouvelle a été donnée avec la fabrication de talons en bois pour une clientèle de fabricants de chaussures. L'achat de nouvelles machines telles que les tours à reproduire, l'embauche de personnel a permis de réaliser des séries plus importantes et régulières.
En 1957, c'est la construction d'un nouvel atelier. La mise au point de talons compensés en bois épousant la cambrure du pied intéresse de nouveaux clients et c'est ensuite la diversification avec les talons aiguilles avec embase alu, les talons tout cuir...
C'est en 1969 que les exigences des clients donnent un élan supplémentaire avec l'arrivée de l'injection plastique pour faire des talons plus réguliers et moins chers. L'investissement dans une presse à injecter et une fraiseuse pour la réalisation des moules a donné un nouveau souffle à l'entreprise pour continuer jusqu'en 1982, période ou les clients se sont tournés vers l'Italie. L'activité a cessé définitivement fin 1985.Cette entreprise familiale faisait partie des nombreuses activités du très industriel village de Pouilly à l'époque. Charles CARRIER, après avoir travaillé pendant 30 ans a repris l'affaire paternelle en 1966. Il habite toujours en ces lieux et actuellement, c'est tous les jours qu'il passe une partie de son temps à l'atelier plus pour se distraire que pour travailler. Si vous descendez au bord du Risse à Pouilly, arrêtez vous, il se fera un plaisir de vous raconter quelques anecdotes sur la vie industrielle de l'époque, et vous pourrez découvrir un artisanat authentique.
La fabrique de Tufs :
A Pouilly, en plus dé la Bévière, qui a servi de force motrice à de nombreux ate¬liers, il existe un petit ruisseau au débit de
10 litres / seconde qui remplissait à l'époque un réservoir le long du chemin de Mieussy en direction du pont du Cruz.
Les eaux ainsi stockées permettaient d'alimenter une turbine, une cinquantaine de mètres plus bas, vers le chemin de l'usine électrique. Celle ci servait à alimenter une scie alternative à Tuf, matériau calcaire très poreux, que l'on trouve à Pouilly, semblable aux pierres constituant la Tour de Saint-Jeoire

Chounaz
:

A l'origine, le village comprenait Chounaz et la Tournoire, et formait un des hameaux les plus importants de Saint Jeoire. Le nom de la Tournoire remonte à l'année 1592, période à laquelle les maisons fortes de Saint-Jeoire furent brûlées laissant ainsi des traces indélébiles. La route actuelle reliant Mieussy a coupé le village en deux vers les années 1850 et c'est ainsi que le nom du village de la Tournoire est apparu.
A proximité de la carrière, le four à chaux (ciment qui existait à l'époque), lieu ou réside actuellement la famille Boimond, constitue le début du village vers le bas. En haut, celui-ci s'étend jusqu'à chez Presset au sommet de Chounaz. Le village est d'une superficie importante puisqu'il ne faut pas oublier la partie basse, jusqu'au bord du Risse. Ce terrain ne fut-il pas l'em¬placement du premier terrain de foot de Saint-Jeoire avant guerre.
Les cinq grandes familles qui ont habité ou habitent encore le village, sont les MILLET, les CHEVRIER, les GRANGE, les DELASSIAT et les PRESSET.
Toutes ces familles vivaient de leur exploi¬tation agricole. La maison forte appartenait à la famille Danthon (éminents juristes et notaires à Saint-Jeoire), puis fut achetée par le Dr Broisin (auteur de publications importantes sur la médecine).
Ensuite le Baron CHAULIN dont l'épouse Marie MERCIER était la fille du premier président de la cour de cassation, en fut propriétaire. Depuis 1920, c'est la famille Grange qui occupe cette belle maison de caractère.
Chounaz est un village où il fait bon vivre, dominé par le Don, adossé au Mont, ceci lui vaut un climat particulièrement ensoleillé

Montrenaz :
A 500 mètres du centre de Saint-Jeoire se situe le village de Montrenaz. Au pied du Môle, ce dernier l'empêche de voir le soleil pendant 2 mois l'hiver. Par contre le Môle protège le village du vent et pour le reste de l'année, c'est l'endroit le plus ensoleillé de Saint-Jeoire. Le village a eu sa route construite en 1934 et c'est tout naturellement que celle ci s'est faite à l'en¬droit du Chable à bois qui se transformait en torrent à chaque pluie en amenant à l'époque tous les déchets de la forêt du Môle.
Les familles qui ont habité ou habitent encore Montrenaz sont les Verdan, Gaillampiod, Presset-Commis, Piccot, Chapuis. D'ailleurs, un des anciens de la famille Gaillampiod était fier de raconter qu'il habitait Montrenaz, "petite ville située près de Saint-Jeoire".
Toutes ces familles vivaient de leur exploitation agricole à présent disparues. Chaque maison a été rénovée, la ferme Presset quand à elle a gardé son cachet d'antan.
Montrenaz était à l'époque un lieu d'ar¬rêt privilégié pour les colporteurs, mendiants voire braconniers qui trouvaient toujours refuge et hospitalité.
De nos jours, Montrenaz est un village dynamique participant activement à la vie associative.

Aveyran, Sur Châble, Les Jourdillets :
Tous les Saint-Jeoiriens ne connaissent peut-être pas Aveyran!... Et pourtant il s'agit bien d'un hameau de Saint-Jeoire. Pour s'y rendre depuis le bourg, on peut emprunter des sentiers escarpés fort sympathiques (par l'ancienne route des Barmes ou par sur Châble)
ou, plus classique, prendre la route actuelle des Barmes puis passer par la commune d'Onnion, un trajet de 5 km tout de même !
Niché dans un écrin de verdure au pied du massif des Brasses, Aveyran est un hameau qui avait une vocation principalement agricole et forestière, une menuiserie a même eu une activité importante.
On note dans le livre "Saint-Jeoire en Faucigny de son origine à nos jours" qu'en 1939 on transformait à la Fruitière d'Aveyran le lait de 47 agriculteurs du secteur! Le dernier en activité était François Pignal (qui fut aussi initiateur de ski pour les classes de neige en compagnie d'Edmond Nicoud et Roland Boimond).
A l'époque la scierie Nicoud utilisait l'eau du Nant des Poses ce qui lui permettait de fonctionner quasiment toute l'année. ll est reconnu que les gens du village d'Aveyran ne manquent pas de talents et d'initiatives, et il ne faudrait pas grand chose pour la faire tourner à nouveau.
Dès les années 50, l'essor du tourisme et en particulier le tourisme social, fit que deux colonies de vacances furent construites successivement de part et d'autre du village (Les colonies Nicoud). C'est comme cela que des milliers d'enfants des quatre coins de la France ont connu Aveyran et le massif des Brasses. Aujourd'hui la colonie de La Clef des Champs est d'ailleurs encore en activité.
Aujourd'hui entre "la fruitière"; qui porte curieusement le nom de "Fromagerie de sur Châble"; la "scie"; l'ancienne école communale aujourd'hui joliment rénovée par la famille Berry, de belles demeures caractéristiques du Faucigny et plusieurs très beaux oratoires, Aveyran présente un joli patrimoine historique. N'oublions pas que le père de Gaspard Monge, Jacques est né à Aveyran. Tous les polytechniciens le savent bien...
Actuellement Aveyran présente toujours les apparences d'un hameau de montagne entouré de très bonnes terres agricoles bien orientées (Est-Sud-Est). Sur environ 25 maisons d'habitation, seules une dizaine d'entre-elles sont occupées toute l'année, les autres étant plutôt des résidences secondaires. Toutes sont relativement bien entretenues. Le village comp¬te 25 habitants permanents, la population fluctuant tout au long de l'année en fonction du calendrier scolaire et de la météo du week end...
ll faut noter également que les remontées mécaniques de Chenevières sont installées autour de ce village.
Enfin, Aveyran constitue un excellent point de départ pour des excursions vers le Massif des Brasses.

Infos village

Superficie : 2 274 ha
Altitude : 580 mètres
Population : 3 252 habitants au 1er janvier 2018 (statistiques INSEE)

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Points d'accès les plus proches

Gares :
Annemasse : 19 Kms
Cluses : 16 Kms

Aéroports :

Lyon : 175 Kms
Genève : 31 Kms